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"Pas de recette magique": la difficile équation des prix du carburant
information fournie par AFP 12/03/2026 à 18:43

Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (c), le ministre du Commerce, Serge Papin (g) et la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon lors d'une réunion avec des distributeurs de carburants à Bercy, le 12 mars 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Le ministre de l'Économie et des Finances, Roland Lescure (c), le ministre du Commerce, Serge Papin (g) et la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon lors d'une réunion avec des distributeurs de carburants à Bercy, le 12 mars 2026 à Paris ( AFP / Thomas SAMSON )

Les prix à la pompe vont-ils baisser? La promesse de plusieurs distributeurs d'alléger la facture de carburant des Français a déjà du plomb dans l'aile jeudi, vu la nouvelle remontée des cours du pétrole dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient.

Une nouvelle réunion entre le gouvernement et les distributeurs à Bercy n'a débouché sur "aucune décision" sur un éventuel encadrement des prix, a déclaré Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, qui représente 5.800 stations-service traditionnelles (hors grandes surfaces).

L'entourage du Premier ministre Sébastien Lecornu avait évoqué mercredi la possibilité de procéder à un "plafonnement des marges" ou d'avoir recours à des mécanismes permettant de "lisser les hausses et les baisses" des prix des carburants.

Pas de mesure contraignante à ce stade, donc, mais le ministère de l'Economie et des Finances a indiqué, à l'issue de la réunion, que certains distributeurs "ont partagé ce jour leurs engagements visant à répercuter au plus tôt la baisse des cours du baril et à diminuer immédiatement les prix des carburants au bénéfice des consommateurs".

Il faisait notamment référence à l'engagement communiqué juste avant cette rencontre par TotalEnergies de maintenir son plafonnement du prix de l'essence à 1,99 euro le litre dans ses stations-service, tout en annonçant avoir relevé ce plafond à 2,09 euros pour le gazole.

Bercy a également mis en avant l'engagement de "baisses significatives" pour d’autres, "allant de 10 à 30 centimes par litre".

Des engagements pris par certains distributeurs, mais sous réserve que les marchés le permettent: mercredi, le PDG de Coopérative U Dominique Schelcher, qui a assuré que les prix à la pompe allaient baisser, s'est toutefois dit "tributaire" des variations des cours des produits raffinés, quand la "marge de distribution (...) n'a jamais été aussi faible que dans la période".

Michel-Edouard Leclerc avait lui anticipé "à peu près 30 centimes de baisse par litre" de carburant à la pompe d'ici à vendredi, tout en prévenant que les prix allaient encore "faire du yoyo".

"Je ne connais pas la recette magique de Michel-Edouard Leclerc pour faire 30 centimes (...) Nous, on est soumis à l'économie de marché", a déclaré Francis Pousse, craignant pour les stations, notamment rurales, qu'il représente.

- Un déblocage de stocks sans effet -

Le lissage des prix, "il faut savoir le faire et savoir le faire très rapidement, (...) ce n'est pas facile (...) parce que les marchés réagissent d'un jour à l'autre", a souligné sur TF1 Frédéric Plan, conseiller national de la Fédération Française des Combustibles, Carburants et Chauffage (FF3C).

Des pompes à carburant dans une station-service TotalEnergies à Montpellier, le 9 mars 2026 ( AFP / Gabriel BOUYS )

Des pompes à carburant dans une station-service TotalEnergies à Montpellier, le 9 mars 2026 ( AFP / Gabriel BOUYS )

La réunion s'est tenue sur fond de nouvelle remontée des cours du pétrole: après avoir chuté mardi, en réaction aux déclarations de Donald Trump affirmant que la guerre en Iran était "quasiment" finie, le prix du baril a de nouveau approché jeudi le seuil symbolique de 100 dollars, toujours affecté par la fermeture du détroit d'Ormuz, axe névralgique pour le transport d'hydrocarbures.

Et ce, malgré l'annonce du déblocage d'ampleur "historique" de stocks stratégiques d'or noir par l'Agence internationale de l'Énergie (AIE).

Afin que cette mesure "ait une influence sur la baisse de la facture énergétique des Français", la cheffe des députés Rassemblement national, Marine Le Pen, a demandé au gouvernement de "contrôler temporairement les marges", pour que cela ne profite pas aux "spéculateurs".

Vers 17H00 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord, référence du marché mondial, bondissait de près de 6% à 99,21 dollars.

Côté prix à la pompe, le litre de SP95-E10 coûtait jeudi 1,871 euro par litre en moyenne selon un calcul réalisé par l'AFP à partir des données communiquées au gouvernement par 7.524 stations-service. Le SP98 coûtait 1,964 euro/l en moyenne sur 8.053 stations, et le gazole 2,032 euros/l en moyenne sur 9.535 stations.

De quoi inciter Robert, retraité de 75 ans à Pamiers en Ariège, qui touche quelque 1.600 euros par mois, à venir faire son plein à 90 kilomètres au Pas de la Case, en Andorre, pour payer moins cher son carburant.

"Je suis à la retraite et j'ai le temps de monter faire le plein à mon camping-car pour partir cet été, parce que rien que sur un plein du camping-car, je me gagne 55 euros, par rapport à aujourd'hui en France, où le gazole est à 2 euros. Et là, il est à 1,43", explique-t-il à l'AFP.

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5 commentaires

  • 16:52

    l'Etat dépense bien plus en carburant que d'habitude, sauf pour la partie de flotte electrifiée. les recettes supplémentaires sont bien absorbées par ces dépenses.


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